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boussoleOrientation : pas un long fleuve tranquille

Au-delà d’un parallélisme apparent entre les prestations d’orientation telles qu’elles existaient à l’AFPA et désormais à Pôle emploi (voir seconde partie), plusieurs points sur la pratique de l’orientation à PE posent problème cinq mois après le transfert des personnels d’orientation (12 09 2010)



1.   La confidentialité des entretiens n’est pas partout assurée, ce qui déroge au Code de Déontologie et à la Charte Européenne pourtant explicitement évoqués dans l’accord d’adaptation du 18/06/2010. Ce point est notamment à l’origine d’une lettre ouverte/pétition du 19/07/2010 des psychologues d’Ile de France, et d’une demande d’expertise du CHSCT de la région Midi-Pyrénées de juin 2010, laquelle a fini devant le tribunal qui a statué en faveur du CHSCT, désavouant le DR. Mais d’autres sites sont concernés.

2.    Le système d’information et de saisie des données individuelles est lourd et chronophage (déconnexions intempestives fréquentes, ordonnancement et affichage des informations complexe et difficile à lire). Ce point concerne également les conseillers à l’emploi.

3.    D’une façon générale, les procédures administratives imposées aux personnels d’orientation sont lourdes, au détriment du temps réellement disponible pour l’écoute et le conseil. Le système apparaît auto-centré, privilégiant la procédure au détriment de la personne. Commentaires d’un psychologue : « Le temps de respecter tous les process, je n’ai plus le temps de faire mon métier ».

4.    La logique de prescription des POPS apparaît extrêmement différente suivant les conseillers en amont : certains la prescrivent afin que le psychologue invalide en aval le projet de formation évoqué par le demandeur, d’autres parce qu’eux-mêmes manquent de temps pour les procédures d’inscription en formation, d’autres encore parce qu’ils n’ont aucune idée du parcours à prescrire.

5.    Même si beaucoup de psychologues perçoivent de façon positive l’élargissement de l’éventail de solutions formatives, notamment sur les marchés dits subséquents qui s’ajoutent aux dispositifs régionaux dont l’AFPA, ils regrettent le manque de sources d’informations visibles, facilement identifiables, exhaustives et actualisées sur l’ensemble des dispositifs de formation.
Leur pratique confine ainsi souvent à l'imporvisation en la matière, avec des informations récupérées ici ou là en fonction de la réactivité ou d’initiatives individuelles des multiples acteurs de la chaîne.

6.    D’une façon générale, beaucoup se plaignent d’un « manque cruel » de coordination dans la chaîne régionale d’information et d’inscription en formation des demandeurs, des services régionaux jusqu’aux sites locaux.
Dans certaines régions, il existe ainsi une véritable opacité dans l’animation et le pilotage de l’activité d’orientation entre les animateurs régionaux et les responsables de site, les prérogatives des uns et des autres apparaissant fluctuantes, voire concurrentes. La marge d’initiative des psychologues apparaît également très variable suivant les sites et leurs multiples interlocuteurs.

7.    Plusieurs cas de dysfonctionnement ou de non-fonctionnement de l’applicatif « CERISE » (pré-inscription des demandeurs sur les centres AFPA) ont été relatés. Quant à l’inscription de ces mêmes demandeurs sur des formations hors région, tous dispositifs confondus, elle relève toujours de la quadrature du cercle.

8.    La visibilité fait également défaut sur le volume et la disponibilité des places en formation au moment de la POPS, et le devenir des fiches de pré-inscription adressées aux organismes par les psychologues.
Le sens de la prestation d’orientation et de conseil vers les personnes apparaît ainsi gravement compromis, puisqu’il leur est impossible de gérer des délais d’attente et de construire un parcours élaboré dans le temps, ce qui relève pourtant d’une nécessité dans une majorité de cas.
Le résultat du processus se subordonne donc à une opportunité ou pas d’entrée à un moment T, ce qui constitue un non sens du point de vue des mécanismes de l’orientation professionnelle, de sa validité, et de sa pertinence.

 

7.    Le repositionnement des personnels de l'AFPA transférés fait enfin problème, dans la mesure où il apparaît hétérogène et sans reflet des règles contractualisées dans l'accord d'adaptation du 18 juin 2010. Il apparaitrait que l'ancienneté des personnes n'a pas été prise en compte dans leur repostionnement, contrairement à ce qui avait été explicitement et clairement affirmé lors des séances de négociation de l'accord. En tout état de cause, les augmentations annoncées sont loin d'être au rendez-vous.

 

 

L’orientation à l’AFPA et à Pôle Emploi


Le S2 AFPA (appui à la définition d'un projet de formation) s'articulait autour de 3 étapes :

1) - Confirmation du besoin de formation

Analyse de la pertinence du besoin de formation et examen de la problématique du bénéficiaire dans ses différents aspects. Si l'hypothèse de formation n'est pas retenue, un autre plan d'action est proposé.

2) - Construction du parcours de formation

Définition de la réponse formative la plus adaptée en examinant :
- les caractéristiques des actions de formation disponibles (pré requis, modalités pédagogiques..)
- les caractéristiques du bénéficiaire : capacité d'apprentissage, compétences et acquis professionnels, ressources et freins motivationnels… La réponse formative devant intégrer, le cas échéant, une validation d'acquis d'expérience.

Les différentes investigations conduites pour construire la réponse impliquent :

- de recueillir des informations précises sur l'offre correspondante, les caractéristiques de l'action ciblée, les conditions d'accès et les possibilités d'aménagement de la formation,
- d'identifier les paramètres garantissant au mieux la possibilité pour le bénéficiaire de suivre et réussir sa formation, et de l'individualiser dans le cas où des acquis professionnels sont détectés (le cas échéant une évaluation ces acquis est prescrite),
- de recueillir des informations sur les conditions de mise en œuvre de l'action (dates et lieux, conditions de rémunération du bénéficiaire, modalités de financement du parcours …).

3) - Elaboration, mise en œuvre et suivi du plan d'action

Identification de l'organisme de formation, planification des étapes du parcours, en définissant le niveau de validation visé, en aidant le bénéficiaire dans ses démarches auprès de l'organisme, et en recherchant les modes de financement et de rémunération adaptés à sa situation. Une synthèse écrite du service est communiquée au bénéficiaire et un retour d'information est fait au prescripteur ANPE.

 

La Prestation d'Orientation Professionnelle Spécialisée à Pôle Emploi (POPS)


La prestation POPS sera délivrée par les équipes d’orientation spécialisée (EOS) au sein de plateformes de services départementales Pôle emploi.
La POPS est mobilisée par le conseiller personnel lorsque le projet de retour à l’emploi du DE semble nécessiter une étape de formation mais que cette étape est complexe à élaborer. Il ne s’agit pas de « valider » un projet de formation ni d’évaluer une « candidature » à une formation. Il s’agit d’apporter un cadre de réflexion à une personne sur la perspective d’un recours à la formation pour optimiser ses chances de retour à l’emploi.

Elle s’articule là encore autour de 3 étapes, dont la troisième est nécessairement différente par rapport à l’AFPA  :

1) - Un entretien d’analyse du besoin

qui permet de s’assurer que la formation est une réponse adaptée à la situation de la personne.

2) - Un diagnostic précis des caractéristiques personnelles

en lien avec les attendus de la formation, qui permet de construire un parcours individualisé s’appuyant sur les capacités et aptitudes ainsi que les acquis de la personne

3) - L’identification de l’offre de formation en adéquation avec le projet de la personne et la mise en relation

Une rédaction de la synthèse du plan d’action et ses modalités de mises en œuvre. La durée totale du processus est de six semaines. La mise en œuvre du plan d’action bénéficie d’un suivi par l’équipe EOS vers laquelle peut se tourner la personne en cas de besoin.